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L'actualité du Home cinéma et des DVD
Essai du casque HIFI Grado SR80
Publié le Dimanche 22 Octobre 2006 par Milkyway35 |
 Tout d’abord, je suis surpris par la taille du colis. Une simple enveloppe à bulles… Mince ! Ils se sont gourés et m’ont envoyé du câble ou quoi ? J’ouvre le paquet et en ressort la boite. Ah non, c’est bien ça. La boite Grado Headphones « Truly The World’s Finest… » avec son look très sobre noir et blanc. Effectivement la boite est très fine puisqu’elle fait un peu moins de 4 cm d’épaisseur. J’ouvre donc la boite mi-inquiet mi-intrigué par ce qui peut tenir dans une si petite boite. Et là, je découvre l’astuce des designers de chez Grado (enfin « designers » c’est un euphémisme, j’y reviendrai). En fait, les écouteurs peuvent tourner à 360° sur leurs axes, ce qui permet de ranger le casque totalement à plat. Drôlement pratique ca !
Bon, je parlais du design. Détaillons un peu l’aspect de ce casque. Le look est super sobre à la limite de l’austérité. Le casque est entièrement noir avec un large arceau gainé de cuir. Les oreillettes sont axées sur deux grandes tiges métalliques. Elles forment un cercle parfait dans une sorte de plastique noir estampillé de la marque et du modèle. Les coussins sont faits d’énormes mousses style découpe casto qui ont l’air un peu fragile. Mais en y regardant d’un peu plus prés, on constate qu’il y a comme une sorte de revêtement qui protège la mousse. Tout cela donne un look beaucoup plus austère et moins fini qu’un Sennheiser HD600 par exemple. Mais je dois dire que son look absolument rétro me séduit particulièrement. On dirait un casque de radio de la RAF sorti d’un vieux film de guerre.
Allez ! Passons aux choses sérieuses. « Truly The World’s Finest » rien que ça ? Ecoutons voir. Au passage, je précise que les écouteurs font environ 8cm mousse comprise et qu’elles enveloppent totalement mes oreilles. Pour les Dumbo je sais pas, mais moi ça va. Le cable est également un peu court (3m), donc adieu fauteuils, bonjour tapis.
Je suis gourmant, je commence par du gros calibre : Dee Dee Bridgwater Live at Yoshi’s. Premières notes, j’entends rien. Il faut que je tourne allégrement le volume pour avoir un niveau satisfaisant. Jusqu’à -38dB environ pour avoir un niveau psycho-accoustiquement équivalent à -55dB sur mes enceintes. Premières mesures, première impression. Je suis surpris de découvrir des détails qui m’étaient jusque là inaudibles. Je vais à la fin de la première piste où Dee Dee plaisante avec le public. Effectivement, les détails sont délivrés avec une intelligibilité remarquable. J’entends parfaitement les interpellations du public tout en pouvant situer les différents spectateurs. Jusque là, j’entendais l’assistance plaisanter avec la diva mais je ne comprenais pas ce qu’ils disaient. Là, le dialogue est rétabli… la piste 2 s’enchaîne sur « Slow boat to China ». Place à la musique. Et effectivement, la clarté des aigus et tous ces micros détails donnent un réalisme saisissant. Chaque note du piano est subtilement différente. On entend toutes les nuances du marteau qui vient frapper la corde. On entend les doigts du contrebassiste écraser délicatement les cordes contre la touche. Toutes les inflexions de la voix de la chanteuse sont restituées. Ce qui donne lui donne une proximité quasi sensuelle. Les sifflantes sont peut être trop présentes pour certains. Il est vrai qu’on est à la limité de l’exagération. Mais on est projeté dans la salle. Pas à une mauvaise place à 2 balles, mais à la meilleure. Que dis-je, on est carrément sur la scène. Les médiums sont chaleureusement reproduits avec un réalisme toujours aussi saisissant. On perçoit même sur la voix les subtilités de la sonorisation voulue par les ingénieurs du son avec un léger écho tonal enveloppant suavement certaines notes. Les basses sont correctement présentes. Mais elles manquent quelque peu de profondeur. La grosse caisse et la contrebasse résonnent court. Le piano est un peu sec. Mais cela reste tout à fait correct. Il y a même une certaine rugosité dans la coloration des basses qui donnent un caractère subtilement érotique. Une certaine vulgarité très classieuse, absolument jazzy. Je me dis, ce casque est fait pour écouter du jazz. Je dirais même plus, des enregistrements live de Jazz. Pour vérifier, je passe à un autre enregistrement live : L’orchestre national de Jazz de Denis Badault, Bouquet Final, enregistré au Théâtre Dunois. Première piste : But Where is the exit ? Les cuivres sont un poil trop billant, du notamment à ce manque de profondeur dans les graves. L’ouverture sonore est très large. On oublie qu’on écoute un casque. La précision est toujours aussi remarquable. Mais surtout, tous les instruments sont d’une extrême intelligibilité. Aucun instrument n’est en retrait, écrasé par un autre. Tout le monde est à sa juste place. Malgré la petite faiblesse des basses, les percussions claquent avec une précision redoutable. Toutefois, dans les tutti je trouve que cela manque de dynamique. Les passages les plus forts semblent un peu écrasés. Est-ce que cela vient du casque ou de mon intégré ? Je me demande si un ampli pour casque comblerait cela.
Cette chaleur et cette proximité intimiste me disent que ça devrait également bien le faire avec de la musique de chambre. Je passe donc aux quatuors à cordes opus 130 et 133 de Beethoven par l’Alban Berg Quartett. Effectivement, j’avais vu juste. Une superbe aération, des cordes chaleureuses et tous les petits micro détails qui apportent cette touche de réalisme : frottement des archets contre les cordes, petits claquement de la chaire des mains sur le bois lors des changements de positions, craquements de chaises et pages qui tournent lors des silences, etc… Là, la faiblesse toute relative des basses ne se fait absolument pas ressentir, même sur le violoncelle. Et la sonorité un peu rugueuse apporte toute la violence nécessaire de la Grande Fugue.
Ecoutons maintenant un peu de musique Baroque : La Messe en Si de Bach par Frans Bruggen. Aaaaaaah ! Quel chœur, quelle ampleur stéréophonique, quelle profondeur. Les voix sont magnifiques. L’orchestre est magnifique. Ah ! C’est trop beau. Je décolle… Je me le mets de côté celui-là. Je ne peux pas l’écouter comme ça, sans préparation. Ce serait sacrilège.
Et maintenant, sur de la musique plus complexe ? Essayons sur le Sacre du Printemps de Stravinsky par Pierre Boulez. Wow ! Quelle ouverture ! Quelle violence ! Sur la Danse Sacrale, le manque de profondeur des basses est tout de même cruel. On perçoit également une faible dynamique. Les fortissimos de l’orchestre sont un peu écrasés. Par contre, les micro détails font ressortir toutes les subtilités des jeux de l’orchestration, les « con legno » ne se transforment pas en cliquetis informes. La lecture de la partition pourtant excessivement complexe est parfaitement intelligible, lumineuse. Comme disait Claude Debussy à propos de Stravinsky : « De la musique sauvage avec tout le confort moderne ».
Points forts :
- Look rétro
- Faible encombrement
- Très grande musicalité
- Finesse des micro détails
- Largeur et profondeur sonore hallucinante
- Clarté des aigus
Points faibles :
- Look austère ?
- Niveau de finition (par rapport au Sennheiser HD600 ou 650)
- Longueur du câble (1m50 de plus aurait été parfait)
- Manque de profondeur des basses
- Dynamique
Conclusion : Un ramage en parfait accord avec son plumage. Sans fioritures, sans en faire des masses. Il excelle surtout sur des musiques intimistes et convient à merveille à l’écoute du Jazz. En particulier sur les enregistrements live où vous serez projeté directement sur la scène. Sa parfaite définition fait également des merveilles sur de la musique classique à l’orchestration complexe ou sur la musique polyphonique. Là, son ouverture sonore s’exalte. On lui reprochera tout juste un manque de dynamisme. Les amateurs de musiques à grosses basses pourraient également être frustrés.
Prix indicatif : 185 euros
Plus d'infos sur son-video.com/Rayons/Hifi/Casques/CasquesHiFi.html |
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